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Ax-les-Thermes, le 27 août 2013, 

Déjà mon deuxième jour à Ax. Il fait gris et frais, c’est comme ça, la fin de l’été. J’ai déjà rencontré plein de monde, des têtes déjà connues ou d’autres encore que j’ai pris plaisir à rencontrer pour la première fois. C’est comme ça, le numérique, ça rapproche les gens, ça crée du lien, ça nourrit l’échange et le partage. Sans blague.

Hier soir, c’était la conférence inaugurale « Imaginaires et promesses de 10 ans de numérique en éducation ». Pascal Cotentin et Marcel Lebrun nous ont fait le show, à la fois sur la forme et le fond de leur intervention.

Je ne vais m’attarder ce matin que sur le vocabulaire employé par ces deux orateurs ou celui que j’ai entendu çà ou là, dans les couloirs de ce colloque. Ce vocabulaire, employé ou choisi par les uns ou les autres est évidemment très signifiant. Il s’inscrit à la fois dans un moment et dans une constante évolution, intéressante à observer.

De toute évidence, de ce point de vue, les Tice ont du plomb dans l’aile. Et c’est tant mieux.

Bien des mots sont employés pour remplacer ce laid acronyme, dont le T initial est souvent porteur d’un imaginaire — avec les promesses, c’est le thème de ce colloque — qui vaut repoussoir pour bien des professeurs. On parle maintenant d’e-éducation, sur un modèle anglo-saxon très laid aussi, quoique ce terme, poussé par ailleurs par les communicants du ministère, semble ne pas s’imposer. Non, hier, et ici d’une manière générale, on a préféré parler de numérique et, de manière plus précise, de numérique éducatif.

Et c’est tant mieux.

C’est tant mieux parce que ce mot, maintenant compris de tous, ne véhicule que peu de technique et beaucoup de culture. Hier soir, Marcel Lebrun n’a cessé de rappeler l’importance, pour demain et la réussite des élèves, de l’acculturation numérique de tous les citoyens, à commencer par ceux qui font profession d’enseigner.

Du coup, à évoquer la culture numérique, qui imprègne peu à peu les pratiques pédagogiques, on fait passer au second plan aussi les mots couramment utilisés du trépied conventionnel : outils, usages, ressources.

Et c’est tant mieux aussi.

Pourtant, les vidéos présentées hier ont beaucoup, trop à mon goût, insisté sur ces trois points, le premier en particulier. Dommage ! Il y avait à prendre du recul et de la hauteur — je vous l’accorde, la posture n’est pas aisée — et ce fut loin d’être le cas. Les moments importants de ces vidéos ont été, à mon avis, ceux qui montraient les réactions des élèves et qui apportaient un peu d’humain, du lien sociétal, des émotions, de la culture déjà. Je pense en particulier à cette toute jeune élève confiant à la caméra que le baladeur numérique l’aidait à surmonter sa timidité !

On a aussi hier soir parlé de formation des enseignants et, à ce sujet, Marcel Lebrun a tenté de casser l’imaginaire conventionnel qui énonce qu’un maître ne peut se saisir du numérique s’il n’a pas été formé. Il a même tenté, si je l’ai bien compris, de nous expliquer, un peu par provocation, que les pratiques collaboratives et la généralisation du pair à pair induites par le numérique permettaient de faire de sérieuses économies sur ce chantier de la formation, qu’on pratique encore de manière très traditionnelle sans beaucoup la faire évoluer ni même en observer les heureux bienfaits.

Il faudra que je revienne un de ces jours sur ce problème de la formation au numérique, dont il faut, là aussi, sans doute observer l’échec.

Comme il faudra que l’on évoque à nouveau les promesses du numérique éducatif, sujet à peine effleuré hier soir. 

De manière anecdotique enfin, il est encore un mot dont il faut saluer la disparition, par perte de sens, malgré ses heures de gloire encore assez récentes : le multimédia.  

Merci à Ludovia de m’avoir invité. À demain pour une deuxième chronique, j’espère…

Michel Guillou @michelguillou

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  1. blackofe97 a reblogué ce billet depuis neottia2 et a ajouté :
    il faut lire à loisir..
  2. neottia2 a publié ce billet